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Ether/After

Ether/After

Armel Roussel
11 - 22.01.2022

Fiche pédagogique

À 20h30 sauf les mercredis à 19h15  
Ce spectacle s'adresse à tou·te·s dès 16 ans.

Du côté du fond

LE THÉÂTRE DANS LE THÉÂTRE

Le précédent spectacle d’Armel Roussel, Long live the life that burns the chest, a modifié le rapport du metteur en scène avec l’écriture de plateau. Il y racontait notamment, par l’intermédiaire de la vidéo, l’histoire de la construction du spectacle. Cette mise en abyme, cet enchâssement d’une scène de théâtre dans une autre scène de théâtre, est de nouveau au coeur de sa nouvelle création. Ether/After raconte l’histoire d’une troupe de théâtre qui monte un spectacle. Sur le plateau, des comédien·ne·s répètent une pièce sous les directives d’un metteur en scène. Le public assiste à un spectacle qui se monte à vue.

Le « théâtre dans le théâtre » est un procédé utilisé depuis très longtemps par les dramaturges et metteur·se·s en scène pour la liberté qu’il leur offre. On le retrouve notamment dans Le Songe d’une nuit d’été, comédie de William Shakespeare (1595). La mise en abyme est également au coeur des oeuvres emblématiques du dramaturge italien Luigi Pirandello. Dans Six personnages en quête d’auteur (1921), une famille vient déranger une troupe d’acteurs en pleine répétition pour leur demander d’interpréter un drame qu’ils ont vécu. Sur fond d’inceste et de séparation familiale, le vrai sujet de la pièce est en réalité celui des ressorts de l’illusion théâtrale.

La mise en abyme est également utilisée en peinture, dans les romans et au cinéma. Connaissez-vous d’autres exemples ?

ENTRE RÉALITÉ ET FICTION

Dans le solo Long live the life that burns the chest, la mise en abyme permettait à Jarmo Reha, le comédien, de transmettre aux spectateur·rices ce qu’il a vu et entendu lors de la période de recherche mais aussi de dévoiler des pans de son intimité. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est inventé ? Après tout, la vérité est-elle importante ? L’imbrication du réel avec la réalité a ouvert à Armel Roussel de nouvelles perspectives qu’il souhaite explorer dans sa nouvelle création Ether/After.

Deux niveaux de réalité – la fabrication du spectacle et l’histoire personnelle des acteur·rices – côtoient deux niveaux de fiction – les rôles et métiers du théâtre, les histoires qui peuvent être inventées entre les acteur·rices. Les comédien·ne·s interprèteront plusieurs personnages mais joueront également leur propre rôle. L’objectif est de créer un trouble pour questionner les codes de la représentation au et hors du théâtre. Où commence la représentation ? Au lever du rideau ? Quand finit-elle ? Aux applaudissements ? Les notions temporelles sont remises en question et tout devient une matière à jouer : l’achat du billet, l’entrée en salle…

Pensez-vous que la notion de vérité soit importante au théâtre ? Dans les arts en général ?

Arrivez-vous toujours à faire la distinction entre ce qui relève de la réalité ou de la fiction dans une oeuvre ? Pourquoi à votre avis ? Est-ce que cela vous gêne ou pourrait s’avérer gênant, pour vous ou pour d’autres, dans certains contextes ?

DES THÉMATIQUES FORTES

Les comédien·ne·s appartiennent presque tou·tes à la génération Y. Les milléniaux (de l’anglais : millennials) regroupent l’ensemble des personnes nées entre le début des années 1980 et la fin des années 1990. Le spectacle peut être vu comme une photographie de cette génération et de ses questionnements.

Ether/after aborde de nombreux thèmes – présents dans les précédents spectacles d’[e]utopia : l’amour, la jalousie, l’amitié, l’art, la politique, la mort, le sexe, la solitude, le désir, la liberté, la nostalgie, la révolution, la résignation, le romantisme… Ils permettent d’explorer d’autres champs d’action : le rapport homme/femme, le harcèlement sexuel, #metoo, le genre, la relation à la critique, la peur de vieillir, la peur de ne pas être à la hauteur, les rêves avortés…et notamment le rapport à l’autorité et à l’obéissance. Un spectacle qui, à travers le faux et le vrai, capte avant tout la vie.

Quelles sont, selon vous, les caractéristiques d’une génération ? Est-ce que les jeunes adultes d’aujourd’hui se posent les mêmes questions que ceux d’hier et que celles de demain ?

INSPIRATIONS

Le travail d’Armel Roussel est nourri de nombreuses références. S’il a beaucoup puisé son inspiration au sein du théâtre expérimental américain et allemand pour ses précédentes oeuvres, depuis Long live the life that burns the chest, ce sont les références cinématographiques qui s’imposent. Plusieurs films font notamment écho au travail de recherche pour Ether/After. Dans Les acteurs anonymes de Benoît Cohen, 9 comédien·ne·s se retrouvent aux Acteurs Anonymes, un centre de désintoxication au métier d’acteur perdu au coeur de l’Aveyron. Dans For Ever Mozart de Jean-Luc Godard, deux cousin·es partent pour Sarajevo pour y jouer On ne badine pas avec l’amour de Musset en pleine guerre de Bosnie (1992-1995). Dans La nuit américaine de François Truffaut, les hauts et bas d’un tournage permettent d’interroger le cinéma lui-même, univers de faux-semblants.

Quel·le·s auteur·e·s; réalisateur·trice·s ou artiste vous inspireraient si vous deviez créer une oeuvre ? Nos références musicales, littéraires, cinématographiques... nous influencent-elles beaucoup ?

FOCUS [E]UTOPIA

En janvier 2022, le travail d’Armel Roussel est à l’honneur à travers cinq spectacles. Deux performances ont un lien direct avec Ether/After.

À l’origine du projet, Armel Roussel voulait réaliser un spectacle sur la jeunesse bruxelloise. Romain Cinter, l’un des comédien·nes, a rencontré quatre classes la saison dernière. Le projet a évolué, le spectacle ne se concentre plus sur la jeunesse bruxelloise, mais le fruit de ces ateliers est retranscrit dans Feu de camp. Les comédien·nes y découvriront en même temps que les spectateur·rices, les histoires inventées par des jeunes de 12 à 18 ans à partir d’une série de photographies les représentant dans leur quotidien.

Représentations les 19.01 (22h) et 21.01 (21h45).

Dans Dernières visions, Armel Roussel vous propose de plonger dans un voyage poétique et visuel. Les images et réfléxions sont issues de son carnet de sensations rédigé pendant les répétitions d’Ether/After.

Représentations les 21 et 22.01 (23h15).

Pensez-vous que la réalité de la jeunesse bruxelloise soit spécifique ? En quoi peut-elle se distinguer ou non de celle d’une autre jeunesse ?

Du côté de la forme

UNE IMPORTANTE DISTRIBUTION

Armel Roussel travaille généralement avec beaucoup d’acteur·rices sur le plateau. L’équipe d’Ether/After regroupe neuf comédien·nes aux parcours variés. Certain·es sont issu·es des écoles de théâtre belges et/ou ont déjà participé à plusieurs projets de la compagnie [e]utopia. D’autres ont rejoint l’équipe suite aux voyages d’Armel Roussel pour l’écriture de Long live the life that burns the chest. Jarmo Reha, comédien de Long live the life that burns the chest fait également partie de l’équipe.

L’équipe étant internationale, il se peut donc qu’une partie du spectacle soit jouée en anglais et surtitrée en français.

DIFFÉRENTS NIVEAUX D’ADRESSE

La multiplicité des niveaux de réalité et de fiction (cf. Du côté du fond) permet aux comédien·nes de jouer avec différents types d’adresse au public. Des codes spécifiques au spectacle se mettent en place. Lorsque les acteur·rices jouent à être en répétition, ils ne tiennent pas compte de la présence des spectateur·rices. Il s’agit des codes de représentation classique avec l’utilisation du 4ème mur. À l’inverse, lorsqu’ils jouent à être en représentation, les comédien·nes peuvent s’adresser directement au public.

Echanges & ateliers

Les comédien·nes d’Ether/After proposent une rencontre de 50 minutes ou un atelier de 2x50 minutes dans vos locaux. Ces rendez-vous pourront avoir lieu avant ou après la venue au spectacle, du mercredi 12 au vendredi 14 janvier, du lundi 24 au vendredi 28 janvier et et du lundi 31 janvier au vendredi 4 février.