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Dimanche

Dimanche

Cie Focus / Cie Chaliwaté
01 - 18.12.2020

Fiche pédagogique

À 20h30 sauf les mercredis à 19h15 (relâche dimanche et lundi).
Nouveau : représentation en journée dédiée aux publics associatifs le jeudi 3 décembre à 13h30.
Ce spectacle s'adresse à tou·te·s dès 10 ans.

Du côté du fond

L’ÉCOLOGIE

Le spectacle Dimanche parle d’un sujet omniprésent et toujours plus d’actualité : l’écologie, qui entraîne inéluctablement avec lui un autre sujet : les changements climatiques. Le spectacle commence dans un avenir proche : les plans de restructuration ont échoué, les dérèglements climatiques ne sont plus un futur hypothétique, mais sont bien réels, entraînant avec eux des cataclysmes aux conséquences désastreuses. Dimanche se concentre sur trois catastrophes écologiques : la fonte des glaces, l’ouragan et le tsunami. Les compagnies Focus et Chaliwaté exposent des faits et basculent rapidement dans la sphère du fictionnel.

L’écologie s’est invitée dans notre vie de tous les jours depuis plusieurs années : recyclage du papier et du plastique, diminution de nos consommations énergétiques, achat d’aliments venant de circuits courts, utilisation d’énergies renouvelables, limitation de notre consommation d’eau… Nous sommes tou·te·s concerné·e·s et nous devons adapter nos façons de vivre. Notre Terre se porte mal. L’urgence est bel et bien présente. Les cataclysmes annoncés – fonte des glaces, augmentation du niveau de la mer, hausse des températures, tempêtes, ouragans, tsunamis, mais aussi épidémies, réfugiés climatiques, guerres… – ont déjà commencé à frapper. Les tempêtes tropicales sont de plus en plus fréquentes et intenses ; certaines petites îles ont disparu du globe ; les glaces recouvrant le Groenland ont fondu sur une bonne partie du territoire, etc. Ce tableau, très noir, n’est toutefois pas exempt d’espoir. Les consciences s’élèvent de par le monde. Les marches pour le climat étaient de plus en plus nombreuses avant la crise sanitaire du COVID-19. On observait notamment un engagement important de la part des jeunes qui, à l’initiative de la Suédoise Greta Thunberg, âgée de 17 ans, et avec le mouvement Youth for climate en Belgique, se rassemblaient régulièrement pour demander aux gouvernements de prendre des décisions politiques radicales. Nombreux·ses sont celles et ceux, jeunes et moins jeunes, qui invitent à repenser et à ralentir nos modes de vie pour limiter leurs impacts sur la planète à l’issue de la crise sanitaire. Il n’est plus question à présent de « changements climatiques », mais bien d’une « crise climatique ». De nombreuses personnes interpellent d’ailleurs les politiques en leur rappelant que la crise climatique qui nous attend sera bien plus mortelle et conséquente que celle du coronavirus.

Quelles décisions le gouvernement belge, voire européen, pourrait-il mettre en place pour diminuer notre empreinte énergétique et participer à la préservation de notre planète ? Qu’est-ce que vous mettez en place dans votre quotidien pour y participer ?

L’INTIME ET L’UNIVERSEL

Dans leurs spectacles, les compagnies Focus et Chaliwaté aiment partir d’un sujet intime qui trouve une résonnance plus générale et concerne un grand nombre de personnes. Dimanche confronte deux points de vue. Deux histoires se racontent en parallèle : celle d’une famille qui se retrouve, comme chaque dimanche, pour partager le repas ; et celle de trois reporters qui parcourent le monde à la recherche des dernières espèces vivantes sur terre. Le point de départ intime – la cellule familiale, la sphère privée, le home sweet home, le huis-clos – trouve rapidement une résonnance universelle. La famille, aussi bien que le monde et toutes les espèces qui l’habitent, vont subir de plein fouet les cataclysmes qui font rage dehors. Le niveau des mers augmente, les vents sont violents, les tremblements de terre sont incessants… les membres de la famille aussi bien que les reporters et les autres espèces vivantes risquent d’y laisser quelques plumes.

Qui est concerné·e par les changements climatiques ? L’intime et l’universel sont-ils souvent liés ? Avez-vous des exemples ?

L’IMMOBILISME

Dans le spectacle, plusieurs catastrophes écologiques ont lieu. Toutefois, malgré ce qui se passe dehors, malgré que tout s’effondre autour d’eux, les membres de la famille vont maintenir leur quotidien jusqu’à l’absurde. C’est dimanche, jour de repos, ce jour calme où l’on se réunit et où l’on n’est loin de penser que l’apocalypse est proche. Même si certains signes avant-coureurs se manifestent, la fin du monde n’est pas encore pour aujourd’hui, alors laissons-les terminer leur repas tranquillement ! Dimanche donne à voir une communauté de personnes en total décalage avec ce qui se passe autour d’elles/eux. Cet aspect totalement absurde apporte beaucoup d’humour et de poésie au spectacle.

Les compagnies Focus et Chaliwaté ont eu envie de parler d’écologie parce qu’elles ont observé, aussi bien chez elles/eux que chez les autres, un total décalage entre la conscience de l’extrême urgence d’agir face au climat et le rythme de la vie quotidienne qui continue. Le monde semble incapable de comprendre réellement et d’intégrer l’urgence climatique. La technique de l’autruche est souvent privilégiée. Même les pieds dans l’eau, l’humanité reste dans le déni. Le réchauffement climatique est présent tous les jours dans les médias, mais tant qu’il reste abstrait et qu’il n’a pas de réelles conséquences sur la vie de tous les jours, l’humanité préfère le nier et ne rien changer.

S’imposer une réelle discipline et de vrais changements dans notre vie quotidienne est-il plus difficile à faire qu’à dire ?Y a-t-il des sujets sur lesquels vous préférez fermer les yeux pour ne pas souffrir ?

Du côté de la forme

THÉÂTRE D'OBJET ET DE MARIONNETTES

Les compagnies Focus et Chaliwaté ont développé des écritures scéniques qui leur sont propres. La compagnie Focus, portée par Julie Tenret, s’est spécialisée dans le théâtre d’objet et de marionnettes. Le théâtre d’objet est, depuis plusieurs décennies, un genre théâtral à part entière. Il occupe une place grandissante dans le paysage théâtral belge. Plusieurs compagnies, comme celle de Julie Tenret, mais aussi la compagnie Gare Centrale d’Agnès Limbos ou encore la compagnie Karyatides, se sont spécialisées dans cette discipline. Le théâtre d’objet laisse une large place à l’imaginaire et à l’inconscient des spectateur·rice·s. Il utilise des objets de la vie de tous les jours non comme des accessoires, mais pour la puissance de l’objet comme acteur à part entière. Les objets, manipulés par les acteur·rice·s, deviennent alors les éléments fondateurs de la pièce, les piliers du jeu. À grands renforts de métaphores, ils se voient dotés d’une vie qui leur est propre. Ainsi, un gyrophare peut symboliser un commissaire de police ou un capuchon de stylo rouge peut devenir, par association d’idées, le Petit Chaperon Rouge. Ce décalage avec l’utilisation quotidienne des objets crée souvent des situations poétiques et humoristiques. Quant aux marionnettes utilisées par Julie Tenret – petites ou grandes –, elles sont souvent hyperréalistes et permettent de créer le « trouble du vivant ».

THÉÂTRE GESTUEL

La compagnie Chaliwaté quant à elle, portée par Sandrine Heyraud et Sicaire Durieux, s’est spécialisée dans le théâtre gestuel où le corps, le geste, le mime et le mouvement sont maîtres. Seules les images et les situations évoquées « parlent ». Tout passe par le travail des images et au centre du récit, il y a l’acteur·rice. Sandrine Heyraud et Sicaire Durieux utilisent également beaucoup d’objets dans leurs spectacles, notamment pour les évocations qu’ils proposent.

Bien qu’utilisant des outils initialement différents, les deux compagnies se sont découvert une approche, une esthétique et un artisanat communs. Elles ont décidé de travailler ensemble, d’unir leurs savoir-faire et de mutualiser leurs disciplines au service d’une écriture collective pour nous proposer le spectacle Dimanche.

ÉCRITURE POÉTIQUE ET CINÉMATOGRAPHIQUE

L’écriture du spectacle est très poétique. Elle utilise beaucoup d’images et de métaphores. Même si le sujet est grave, Dimanche n’est pas du tout un spectacle tragique. L’humour est omniprésent et l’écriture onirique crée une distance indispensable qui permet de nous détacher du réalisme.

Cette écriture se rapproche également de l’écriture cinématographique. Julie Tenret, Sandrine Heyraud et Sicaire Durieux aiment jouer avec différentes échelles et différents points de vue qui créent la surprise : du minuscule au gigantesque (ce qui rejoint « l’intime et l’universel » que nous avons développé ci-avant). Gros plans, plans larges, travellings, zooms, transpositions d’espaces, maquettes… une grande part du langage cinématographique y est utilisée. Dans Dimanche, la vidéo occupe également une place importante.

Echanges & ateliers

Julie Tenret, Sandrine Heyraud et Sicaire Durieux sont disponibles pour une rencontre de 50 min en journée, dans vos locaux, le vendredi 4, jeudi 10, vendredi 11, jeudi 17 et vendredi 18 décembre 2020. 

Ils/elles pourront vous parler de leurs parcours respectifs, de quelques secrets de fabrication de leur univers, sans oublier les thématiques du spectacle.

Cette rencontre peut avoir lieu en amont ou en prolongement de la représentation, selon votre préférence.