En train décrire

 

Suite aux suggestions transmises par les travailleurs sociaux et les responsables du CPAS de Bruxelles (avec lequel le Théâtre Les Tanneurs travaille en partenariat depuis 2003), une nouvelle forme d’atelier a vu le jour : En train décrire. Cette proposition a consisté à se déplacer dans une ville belge avec des consignes d’écriture menant à la production de notes qui sont lues et partagées au cours de la journée. Par la suite, une deuxième rencontre a eue lieu au Théâtre Les Tanneurs afin de s’appuyer sur les écrits réalisés pour créer de nouveaux textes.

Contenu de l'atelier

Ecrire se fait souvent assis, dans une position immobile dans un lieu précis. On cherche les mots et l’inspiration dans un décor fixe.

La proposition de cet atelier consiste à écrire en voyageant. A ne pas chercher les idées mais à les récolter, les cueillir au cours d’une excursion. Tout ce que l’on croise peut être noté. Pas besoin de se creuser la tête pour imaginer, on croise des images, des sons, des éléments qui attirent notre regard et on les dépose sur le papier.

L’idée est de prendre un train. Aller visiter un lieu ou une ville, une exposition ou un monument. Et en chemin, nous mettons en mouvement nos mains. Nous écrivons.

Laurence Kahn a guidé le trajet dans l’écriture en proposant des consignes. Cela permet de concentrer le regard sur certains détails. Une manière de se déplacer en étant attentif à tout le trajet.

Le train permet de nous donner une situation particulière. Transport en commun. Défilement de paysages. Arrêts multiples dans différentes gares. Prendre le train c’est s’éloigner de son terrain connu pour aller à la découverte. L’écriture aussi peut être une aventure de cette sorte.

Mêler le déplacement et l’écriture, c’est proposer de bouger à la fois physiquement et intérieurement. Un parallèle intéressant qui permet de dégager l’acte d’écrire de l’état statique.

Il s’agit d’une invitation à placer l’écriture au coeur d’un voyage et à prendre conscience qu’il ne s’agit pas "d’avoir des idées” mais de “cueillir les idées qui nous entourent”.

Concrètement, il y a la production de bribes, traces, petites notes qui sont lues et partagées au cours de la journée.

Par la suite, une deuxième rencontre de trois heures a eue lieu afin de repasser par ces écrits glanés en chemin et s’en servir comme source permettant la création de nouveaux textes. Des exercices sont alors proposés, des consignes permettent de se laisser guider par les mots  afin d’affiner la perception de l’écriture comme un voyage possible.

Depuis plusieurs années, le mur d’entrée du porche du Théâtre Les Tanneurs est utilisé pour rendre visibles certaines des démarches d’ateliers et de projets-quartier développés par le théâtre avec artistes et publics. 

L’atelier En train décrire est un des projets de longue haleine mis en place au théâtre. Dès le départ, les participants ont manifesté leur envie de partager leurs écrits. 

Ainsi, Patricia Balletti, en charge des relations avec le quartier et les écoles, a proposé d’utiliser cet espace pour rendre visibles ces textes collectifs nés de l’atelier En train décrire :

«Avec Laurence Kahn, qui a conçu et animé les ateliers, nous avons cherché un artiste qui travaille dans le domaine des arts plastiques et qui puisse traduire sur ce mur l'esprit de l'atelier. Nous n’avons donc pas cherché simplement un artiste ayant son propre univers mais aussi un artiste désireux d'entamer une collaboration, intéressé par la démarche de l'atelier, par les textes réalisés et par la rencontre avec les participants aux ateliers. 

La rencontre avec l’artiste Parole a été déterminante. Nous avons apprécié son travail, son esthétique, sa proposition de mise en forme des textes et son ouverture et intérêt pour nos démarches.

La demande n’était pas que les textes soient spécialement lisibles, mais plutôt que le mur donne une idée générale de la dynamique de l’atelier. Comme pour le livre Jeux d’écriture sorti en 2013, où nous avions scanné les carnets des participants, il s’agit ici de partager l’esprit de l’atelier, qui a pour fondement le jeu et qui permet une certaine liberté.»